Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et le marché a dépassé les 5 millions d’unités vendues depuis 2016. Pourtant, beaucoup d’usagers ignorent encore qu’ils roulent sans couverture légale, parfois sans le savoir. Or le cadre réglementaire est clair, et les sanctions le sont aussi.
Une obligation légale que la RC habitation ne remplace pas
Toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte par une assurance responsabilité civile. C’est l’article L211-1 du Code des assurances qui l’impose, sans exception de vitesse ou de modèle. Seule la trottinette mécanique sans moteur y échappe.
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L’erreur la plus courante consiste à croire que la RC incluse dans un contrat multirisque habitation suffit. Elle ne le fait pas : ces contrats excluent explicitement les dommages causés par un véhicule terrestre à moteur, et la trottinette électrique entre dans cette catégorie. Un contrat spécifique EDPM est donc indispensable.
Par ailleurs, l’état de la batterie entre directement en jeu : une trottinette qui tombe en panne sèche en pleine circulation expose à des situations accidentogènes. Pour comprendre les causes de décharge rapide et anticiper ces risques, il peut être utile de consulter une assurance trottinette électrique adaptée à l’usage réel de l’engin.
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Des sanctions concrètes et une accidentalité qui s’aggrave
Rouler sans assurance n’est pas une simple irrégularité administrative : c’est un délit. L’amende forfaitaire est fixée à 500 euros, avec une majoration pouvant atteindre 3 750 euros sur décision judiciaire, et la confiscation de l’engin est possible. En cas d’accident responsable, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) indemnise la victime, puis se retourne contre le conducteur non assuré pour récupérer l’intégralité des sommes, majorées d’une contribution de 10 %.
Les chiffres d’accidentalité donnent la mesure de l’enjeu : 45 personnes sont mortes sur une trottinette électrique en 2024, un chiffre qui a plus que quadruplé depuis 2019. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers a encore bondi de 57 % par rapport à la même période un an plus tôt.
Quelle formule choisir et à quel prix ?
Le marché propose trois niveaux de couverture. La RC seule, à partir de 5 à 8 euros par mois, couvre les dommages causés à des tiers mais laisse le conducteur et son engin sans protection. Une formule intermédiaire (10 à 15 euros/mois) ajoute souvent le vol et un plafond conducteur limité. La formule tous risques, entre 18 et 30 euros mensuels, inclut la garantie conducteur et les dommages matériels sur la trottinette.
Pour un engin à moins de 400 euros, la RC simple reste cohérente : le coût annuel d’une garantie vol dépasse souvent la valeur de remplacement. Au-delà de 600 euros, et plus encore pour les modèles entre 1 200 et 2 000 euros, l’assurance tous risques se justifie pleinement. Bon à savoir : après un an de contrat, la résiliation est possible à tout moment sans frais ni justification, grâce à la loi Hamon.
Rouler couvert, c’est aussi savoir identifier les failles de son matériel avant qu’elles ne deviennent un problème sur la route.

