Congés maladie : la génération Z en prend-elle davantage ?

En France, le nombre d’arrêts maladie augmente chez les salariés de moins de 30 ans, selon les dernières données de l’Assurance maladie et des cabinets RH. Les motifs psychosociaux se multiplient, avec une croissance marquée des arrêts pour épuisement et stress.

Les employeurs observent un recours plus fréquent au congé maladie dès les premières alertes, alors que les générations précédentes hésitaient davantage à s’absenter. Les attentes en matière de bien-être et de reconnaissance au travail s’affirment, questionnant les pratiques managériales et les dispositifs de soutien en entreprise.

La génération Z face aux congés maladie : une tendance qui interroge

La génération Z bouscule les repères sur le marché du travail français. Selon le Baromètre Absentéisme Malakoff Humanis, 49 % des jeunes actifs de 18 à 30 ans ont connu au moins un épisode d’absence en 2024, contre 42 % pour l’ensemble des salariés. Ce décalage ne tient pas du hasard : il éclaire une transformation profonde du lien au travail et à la santé mentale.

Les arrêts maladie courts (1 à 3 jours) touchent 39 % des moins de 30 ans, soit une part nettement plus élevée que chez les générations précédentes (30 %). La prescription d’arrêts pour souffrance psychologique progresse de manière continue : 22 % des arrêts des moins de 30 ans relèvent désormais de cette catégorie, contre 16 % en 2019. L’épuisement professionnel devient un marqueur générationnel. Travail fragmenté, incertitude contractuelle, pression sur les résultats, télétravail par défaut : la Gen Z affronte un environnement professionnel où la fragilité prend une nouvelle ampleur.

Quelques points saillants illustrent cette évolution :

  • Progression continue des arrêts maladie chez les jeunes actifs depuis 2019
  • Souffrance psychologique en hausse : près d’un arrêt sur cinq
  • Génération Z plus exposée à l’épuisement professionnel que les générations précédentes

Il ne s’agit pas d’un effet d’aubaine ni d’une quelconque « fragilité » fantasmée : ces chiffres révèlent la pression d’un contexte professionnel mouvant et la difficulté à trouver ses marques dans un univers en perpétuelle recomposition. La hausse des arrêts courts traduit aussi l’attention portée par les médecins à prescrire dès les premiers signaux de malaise, soulignant l’émergence d’une jeunesse qui ne veut plus taire ses difficultés ni s’épuiser en silence.

Quelles sont les attentes et inquiétudes des jeunes actifs concernant la santé mentale au travail ?

Le rapport au travail change de visage. Pour les jeunes actifs, la santé mentale pèse lourd dans la balance, dépassant le stade de la simple revendication. 66 % de la Génération Z constatent un écart entre leurs attentes et la réalité rencontrée sur le terrain professionnel. En cabinet médical, ce ressenti prend corps : la demande d’accompagnement en santé mentale explose, portée par une génération qui refuse de subir.

Le stress s’invite chaque jour : 54 % des moins de 35 ans s’en disent affectés, soit sept points au-dessus de la moyenne nationale. Les arrêts maladie en sont le reflet, mais la Gen Z ne s’arrête pas là. 20 % des jeunes salariés ont déjà quitté leur poste pour préserver leur équilibre personnel ou mental. Rester pour rester n’a plus la cote : la stabilité d’un CDI ne pèse plus aussi lourd face à la quête de sens et de bien-être.

Voici quelques chiffres qui témoignent de cette réalité :

  • 56 % des jeunes actifs admettent une baisse d’efficacité professionnelle directement liée à leur état mental.
  • 67 % déclarent ne plus faire que le strict minimum au travail.

Même en vacances, la peur de manquer (FOMO) et la culpabilité de s’absenter persistent. Prendre du repos devient source d’angoisse : laisser ses collègues, craindre de passer à côté d’une opportunité, ou d’être dépassé dans un environnement instable. Les mots d’ordre sont désormais reconnaissance, flexibilité et prévention santé. Les jeunes actifs ne se contentent plus de discours ou d’actions superficielles : ils attendent des mesures tangibles pour protéger leur santé mentale et améliorer la qualité de vie au travail.

Des chiffres révélateurs : que disent les études sur le bien-être de la Gen Z en entreprise ?

La génération Z bouscule la perception du bien-être en entreprise. Les enquêtes récentes, signées par l’Institut Montaigne, l’Ifop ou le Baromètre Absentéisme Malakoff Humanis, dressent un constat sans détour : ambitions élevées, désillusion rapide, et un tiraillement constant entre engagement professionnel et quête d’équilibre personnel.

En France, 82 % des moins de 30 ans estiment ne pas profiter suffisamment de leurs congés, contre 55 % chez les baby-boomers. Cette impression de manque s’accompagne d’une culpabilité marquée : près de la moitié de la Gen Z redoute que leurs collègues doivent les remplacer durant leurs absences. 51 % craignent de passer à côté d’un événement déterminant dans l’entreprise pendant leurs congés. Conséquence : la moitié attend six mois avant de repartir, et 22 % préfèrent miser sur un unique grand voyage plutôt que d’étaler plusieurs pauses.

Génération Z Baby-Boomers
Impression de ne pas prendre assez de vacances 82 % 55 %
Culpabilité liée au remplacement pendant l’absence 47 %

Le marché du travail se transforme, la QVT (qualité de vie au travail) s’impose comme un repère pour ces jeunes actifs. Leur rapport à la stabilité professionnelle se redessine : la santé psychologique passe en premier, et la fidélité à l’employeur dépend de la reconnaissance reçue et de la flexibilité offerte. Les entreprises qui font l’impasse sur ces nouvelles attentes s’exposent à un désengagement massif. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la génération Z trace les contours d’une nouvelle donne.

Jeune homme regardant un certificat dans un bureau moderne

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